lundi 20 décembre 2010

D’homme à homme & d’homme à Dieu


D’homme à homme
&
d’homme à Dieu
Le baptême de Jésus
9 janvier 2011

Jésus, splendeur du Père !
Par ton immersion dans les eaux
Tu as sanctifié et purifié la Création entière,
Tu as ouvert les portes de la repentance
à ceux qui ont été immergés en TOI.

Par ton Esprit,
Tu nous baptises et nous revêts de lumière.
Tu nous vivifies et nous régénères
en nous libérant de l'esclavage du péché.
Tu fais de nous des fils bien-aimés du Père
pour que nous ayons pleinement part
à l'Héritage promis.

Nous tous qui avons été baptisés,
nous avons revêtu le Christ
c'est en LUI que nous vivons
en LUI que nous rendons gloire au Père.

Pour nous,
dans les eaux du Jourdain
Il a noyé l'être ancien
et donné naissance à l'être nouveau
nous recréant enfin à sa ressemblance.

Seigneur Jésus,
nous te rendons grâce
et nous t'aimons de tout notre être.

(D'après EPHATA)

Textes
Is 42, 1-4.6-7,
Ps 28,
Ac 10, 34-38
Mt 3, 13-17

Je ne crois pas qu’il faille faire ici un cours de théologie sacramentaire à propos du baptême de Jean et de celui de l’Eglise Catholique. Et alors l’interrogation de Jean-Baptiste est pourtant justifiée: pourquoi fallait-il que son cousin Jésus vienne se faire baptiser par lui ?
Bien sûr chacun repense à son propre baptême, ou du moins à ce qu’on vous en a raconté, car moi, par exemple, j’ai été baptisé à quelques mois…

Des expressions comme :
  • Engendrés par l'amour du Père.
  • Ouverture à la Présence de Dieu en nous
  • Engendrés à la vie par l'Esprit
  • Influence de Dieu sur nous 
veulent ‘simplement’ dire que cette vie de Dieu, l’homme s’ingénie à trouver une façon d’aménager  une voie pour la faire venir à nous et en nous. Jean avait trouvé cette forme dans l’eau du Jourdain. Jésus vient corroborer cette voie : mai sa vie d’homme, mêlée à sa vie de Dieu, font se rencontrer dans cette eau du Jourdain, la grâce humaine de la purification à la grâce sanctifiante. Comme Jésus !

Le Prophète Isaïe se demande comment pourrait bien se présenter ce Messie, ce Jésus, en somme,  dont chacun attendait la libération de l’occupant et une vie heureuse ! Et il prophétise une figure d’homme, certes, mais pénétré de ce souffle divin, capable de révéler combien Dieu aime l’homme et le sauve. A la libération nationale en correspond une autre, qui est un véritable retournement du cœur de l'homme, rendu capable à son tour de contracter alliance avec son Dieu, c’est-à-dire de répondre à l’amour par l’amour : de devenir Messie/Jésus pour Dieu!



C'est aussi un hymne au Tout-puissant, capable de dominer les pires orages de la nature. Et au sens spirituel, le psaume glorifie la force spirituelle de Dieu qui est la force même qui soulève le monde.  C’est cette force divine qui nous libère, en nous révélant notre être véritable : voilà notre nouvelle naissance, voilà le baptême que l’Eglise a « inventé » pour cette nouvelle économie du salut.

Les premiers chrétiens – le Judéo chrétiens -, croyaient que le salut de Dieu était réservé uniquement aux membres du Peuple hébreu.  Mais Luc, l'auteur des Actes – grec d’origine, lui -, souligne que l'Esprit Saint est déjà à l’œuvre  dans le monde païen. Ainsi Pierre, dans un songe, reçoit l'ordre de se rendre chez un Centurion romain, - un païen, un occupant !-,  à qui Dieu s'est révélé. Pierre glorifie le Seigneur qui multiplie les croyants, quelle que soit leur origine...

Et puis, au fond, entre nous, celui qui est vraiment ‘grand’ n'a nullement besoin de faste et d'honneurs...
L’homme ’petit’, oui, et pour exister, et pour montrer qu’il existe ! Peopolisation ! Bling Bling !
L’humilité est la marque, par excellence, de la noblesse, et l’homme ‘noble’ ne craint pas de s’incliner, pour redonner à l’homme sa dignité ! C’est non seulement se rendre solidaire d’homme à homme, mais dans ce cas, c’est, de plus, une solidarité d’homme à Dieu !

Se déclarer ouvertement homme, quand on est Dieu, et qu’on ne cesse pas de l’être pour autant, c’est cela l’inouï ! C’est ça la révélation : il est désormais possible à l’homme de revenir à Dieu au point de devenir divin à son tour : en lui, avec lui et en lui !

Quand Jean, inspiré, reconnaît son indignité face à Jésus, c’est cette différence qu’il signifie, entre lui et Jésus. Quand il veut le dissuader de poser cet acte, qu’il estime indigne de lui, c’est que lui-même, l’homme Jean, n’a pas encore saisi la nécessité de se déclarer un homme, pour être crédible quand il se révèlera Dieu. Quand je vous parle des choses de la terre, vous ne me croyez pas : comment me croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? dira Jésus à Nicodème (Jn 3).

Peut-être l’humilité est-elle la seule vérité, à la fois sur l’homme et sur Dieu.

C’est le mot ‘pécheur’ qui gêne aujourd’hui, tellement il pue la ‘mala educacion’, comme dit Pedro Almodovar. Mais - ceux qui en ont fait l’expérience me comprennent -, s’interroger sur soi et aller au fond de soi, nous fait abandonner toutes nos illusions irréalistes et infantiles sur nos qualités, nous révèle nos défauts et nous galvanise pour avancer vers notre humanité plus accomplie : jusque vers la stature que le Christ représente, et nous promet, comme vrai Dieu et vrai Homme ! Alors tombe la poussière de notre conscience malheureuse, et brille l’étincelle de notre filiation divine

« Sans Moi, vous ne pouvez rien faire » nous dit Jésus. (Jn 15, 5) : si Dieu qui se manifeste au baptême dans le Jourdain en cet homme Jésus, il se manifestera dans notre vie si nous imitons de Jésus dans tous les Jourdain du monde.
Apprenons donc à reconnaître que nous avons, chacun,  des qualités intérieures que personne ne voit.
Apprenons à croire enfin qu'il y a de très grandes  richesses chez ceux et celles qui nous entourent, et que nous ne soupçonnons pas. Et fleurissons là où nous avons été plantés, et avec l’entourage que nous n’avons pas choisi

Notre vraie et grande noblesse, c'est notre titre de baptisés, d’enfant de Dieu,
au nom du Père, du Fils et Saint Esprit.

lundi 13 décembre 2010

La grâce, oui, seule la grâce…

Chers lecteurs,
chers familiers et peut-être utilisateurs de www.godblogtoccoli.blogspot.com!


Cela fait 8 mois - depuis l’Ascension ( 13 mai)  jusqu’à cette semaine ( 19 décembre,  4ème Dimanche de l’Avent) – que  je compose pour vous : déjà  39 homélies dominicales, dont je sais par ouï dire qu’elles ‘servent’, puisque leurs consultations, mêlées à toutes celles de mon site www.toccoli.org, totalisent le chiffre de 600 par jour (oui, 600 d’entre vous viennent quotidiennement me rendre visite sur mon blog, &  sur mon site où vous venez lire plus de 13000 pages par semaine - sic !).

Je voudrais faire un état de la question !
J’aimerais savoir un peu qui lit mes homélies, qui s’en sert, qui les diffuse plus loin…
Je propose, pour garder l’incognito, que vous utilisiez la vignette du commentaire, en indiquant par ex. (copier coller)

1.     Age

2.     Sexe

3.     Profession

4.     Région de France ou Etranger

5.     Je lis

6.     Je m’en sers (pour…)

7.     Je diffuse (vers…)

Et si voulez donner une note/10


Merci !
Père Vincent Paul

La grâce, oui, seule la grâce…

dimanche 19 décembre 2010
4ème dimanche de l'Avent, année A

Textes :
§          Is 7,10-14.
§          Ps 24,1-2.3-4.5-6
§          Rm 1,1-7.
  • Mt 1,18-24.   

A  tout système renouvelé, il faut un proto type, un pattern, un ‘patron’, un modèle : JÉSUS qui vient à Noël est-il ce proto type ?
Sa courte vie consistera à rendre comme neuves les évidences incomprises jusque-là, et sa mort violente, dérisoire ce qui semble important. Le monde qui surgit alors (surrexit !) avec lui, transcende l’imaginable et même le souhaitable. De quel monde sommes-nous ? Voulons-nous faire partie de ce ‘nouveau’ monde ?

C’est l’avenir qui est garant de notre passé !

Avec Isaïe, le correspondant de guerre, c’est toujours des nouvelles du front : en – 740, les armées du Nord, - Samarie et  Damas -, menacent encore Jérusalem. Achaz, le roi est a quia : Yahvé lui envoie son estafette Isaïe pour lui offrir son aide, Achaz refuse. Ouh, mais c’est que Dieu n’aime pas ça : il ‘débarquera’ quand même,  MESSIE en fils de vierge ! Et vlan !

Dieu sait que seuls les cœurs ‘naïfs’ accueilleront cette impensable promesse ? Quant aux Achaz, ils  courent les rues de nos jours, ils sont même les plus nombreux ! Non, mais dites-moi : Qui a besoin de Dieu  de nos jours ? Qui pense et croit comme Paul que l’homme renouvelé se révèle en Jésus et que toute l'attente des siècles conduisait, conduit et conduira à LUI : l’Emmanuel,  ‘Dieu-présent-parmi-nous’. Le recevoir, c’est s’accepter transformé, innové, transsubstantié : mais qui est prêt à se laisser ‘recycler’ ?



Alors on laisse à Matthieu le soin de nous raconter cette ‘histoire écoutée aux portes de la légende’ ! Et qui réalise la prophétie d’Isaïe à Achaz !
Une certaine Marie, fiancée à un certain Joseph – plus obscurs, tu meurs ! -,  est enceinte par l'action de l'Esprit Saint... : « Avant qu'ils n’aient vécu ensemble » précise Matthieu, pour bien marquer que c’est Dieu lui-même qui s’en est chargé !
Joseph est un homme ‘ordinaire’, cela le dépasse. Cela le dépasse, et il se propose de  renvoyer discrètement Marie chez parents pour sauvegarder sa réputation, montrant par là qu’il l'aime vraiment et qu’il tâche de lui épargner la lapidation,… tout simplement.

Apparemment cela n’a toujours pas changé, là-bas, dans cet orient resté très moyen…

Ce que l’on peut dire, - avec la distance historico culturelle certes, mais aussi dans la vie globale d’aujourd’hui -, c’est que les voies de ce Seigneur-là sont toujours aussi déroutantes... Ne serai-ce que de « laisser faire » ce qui se passe dans l’Eglise, quand on confond la théologie et la pastorale, le pupitre d’une aula magna et le siège dur de Pierre !

Et n’allez pas me siffler une rengaine du genre : les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes ! D’abord on est bien placé pour le savoir, et ensuite cela n’explique pas « pourquoi votre fille est muette ! ». Le fait est que nous ne savons pas toujours ‘jusqu’où on peut aller trop loin’ pour rester en accord un dieu – et ses représentants ! -, qui prétendent écrire droit avec des lignes courbes ! 



Même ce pauvre Joseph  - «UN HOMME JUSTE » c'est-à-dire AJUSTÉ à la Volonté de ce Dieu ! S’est-il mis en prière ou en colère ? D’abord!...  Lui faire ça à lui ! C’est à en perdre la foi !
Mais, au-delà,  qu’est-ce qui l’a fait rester fidèle à son amour pour son Dieu et pour son ex fiancée Marie… ?

La grâce, oui, seule la grâce,
c’est-à-dire
la capacité de saisir l’improbable comme possible, et l’impossible comme sûr !

Paradoxal !
Joseph a du devenir paradoxal pour entrer dans la volonté de son Dieu, être paradoxal s’il en est !
C’est la seule façon de s’en sortir pour tout que tourne au bien de ceux qui aiment Dieu ABSOLUMENT.

C’est seulement avec le temps, que l’éternité se fait entrevoir ! Et avec le temps,  on en vient à louer jusqu’aux vicissitudes qui ont failli avoir raison de nous dans des circonstances que nous n'aurions même pas imaginées. Cette foi-là est à la fois une épreuve – et quelle épreuve, en ces temps où la femme était une monnaie d’échange et de représailles, à l’occasion ! -, une épreuve donc, et une preuve de l’inconditionnalité que suppose la ‘confiance amoureuse’ : car comment faire confiance encore quand on est convaincu qu’on signe sa propre condamnation à mort ? Qu’est-ce qui fait que l’on peut voir - alors et MALGRE TOUT -, la main  de Dieu tenir l’Histoire et notre histoire ?

L’ange nous a-t-il déjà visité ? Dieu est-il toujours arrivé toujours à temps... ?



Notre Dieu – celui que son fils nous décrit d’expérience -, aime à se pointer à ‘minuit moins cinq’, histoire de nous tester ! Vous vous rappelez : « C’est à l’heure où vous n’y pensez pas que, etc. etc.…! ». Et comme il est « comme ça », il n’est pas étonnant que souvent nous rations le coche, c’est-à-dire  notre « chance »... Au moins les premières fois : après, on se tient prêt, on sait, o sent, on voit venir ! Cela devient même ‘intéressant’ !
Mais, d’un  autre côté, nous pouvons lui faire confiance : l’expérience nous apprend – c’est sûr ! -,  qu’il ne manque jamais d'arriver à temps avec les secours... La fameuse cavalerie de nos westerns !
Et comme par définition il est le Maître des situations les plus désespérées et les autres !

‘Le truc’ – ça aussi c’est paradoxal ! -, c’est de ne jamais rien lui demander : quand on lui parle, lui dire seulement merci de ce qui arrive. Parce que ce qui NOUS arrive, c’est ça sa Providence ! Si, bien sûr, nous sommes persuadés que tout concourt à notre bonheur, même si nous avons le sentiment du contraire quand les choses arrivent !

C’est ce que Joseph a constaté cette nuit-là, quand il fut visité par ‘l’ange’ ! Il y a toujours une première fois, et on ne sen remet jamais !
Grâce à Dieu !



Car, nous savons bien depuis Volker Schlöndorff, et ses ‘Ailes du désir’ (1987) que les anges sont au milieu de nous, et que nous les côtoyons tous les jours, mais sans les remarquer, tellement ils sont  ‘subtils’ et ‘sensibles’. C’est qu’ils ont demandé à Dieu de les garder tels qu’ils sont : essentiels, c’est-à-dire  invisibles pour les  yeux !

lundi 6 décembre 2010

Faire Foi de tout 'feu'

Faire Foi de tout 'feu'
Dimanche 12 décembre 2010
3ème dimanche de l'Avent, année A



Textes
§          Is 35, 1-6a, 10
§          Ps 145, 7-10 
§          Jc 5, 7-10
§          Mt 11, 2-11


En voilà une nouvelle ! Au contraire des sociétés établies par les hommes, dans la nouvelle Société établie par Dieu, on apprend que les meilleures places seront réservées aux pauvres et aux petites gens. Dans cette société à venir, les premiers servis seront ceux qui ont le coeur ouvert à tous parce qu'ils sont humbles. Ce seront la plupart du temps ceux qui auront connu les détresses humaines et qui ont été en quelque sorte ‘lustrés’ en traversant ces vicissitudes.


Quand l'Assyrie eut traîné en captivité le petit Royaume d'Israël et ravagea l’aussi petit Royaume de Juda, Isaïe exhorta avec courage la foule innombrable des gens abandonnés, rejetés même, écrasés, meurtris, bref niés, - Isaïe les exhorta à se relever et à se mettre en marche vers un Dieu capable de les tirer d’affaire, et non pas… à désespérer en accusant n’importe quoi : la fatalité, l’injustice des temps, les politiques ou la globalisation ! Ces souffrances et ces malheurs – les leurs -, sont un nouvel exode – comme celui d’Egypte pour les Juifs, ou des camps de la mort, encore pour eux, entre autres, - ou la traque des Roms et des chrétiens d’Orient .

Quel Isaïe ose élever la voix avec assez de force de conviction pour annoncer un Dieu qui donne la vie en plénitude, … un appui  solide sur lequel peuvent compter tous les petits du monde qui souffre…, comme le chante le Psalmiste !
Jacques leur fait écho avec énergie : car si, dans l'Église, les petits et les pauvres, les sans nom ni grade, les n’importe qui… sont moindres que les riches et valent moins qu’eux…, alors c’est un club privé, ce n’est pas l’Eglise ! Du moins pas celle voulue par Dieu !

Les disciples de Jean parlent à leur maître de ce que raconte aux foules, Jésus qui vient de faire son apparition en public. Seraient-ils inquiets, à la pensée que le prestige de leur Maître Jean pourrait en souffrir ?... D’après ce que l’on sait par les textes, on doit penser que Jean sait que Jésus est le MESSIE attendu – en famille, ça a du se dire ! -, mais lui n’a aucune hésitation, il envoie ses meilleurs disciples à son cousin pour qu’ils ‘voient et entendent’ la vérité en personne.

*       *
*

Nous sommes toujours curieux, amateurs, nous nous interrogeons aussitôt devant quelque chose de nouveau... : un homme, une mode, une musique…
Mais nous aussi, nous avons à discerner ce qu’il y a de VRAI dans ce qui se présente avec et dans la nouveauté... Qui est capable de créer de l'éternelle Jeunesse, et de l'ancien créer du neuf ? Jésus a prétrendu en être capable, au point d’être lui-même la seule nouveauté inégalée de l’histoire jusqu’à lui, et de lui jusqu’à la fin du monde !

Que des décisions de Vatican II aient pu heurter, n’est pas surprenant : la retraite à 62 ans aussi !
Pas moius ni plus que Jésus – et tous ceux qui parlent ’neuf’ ! -, a pu heurter les disciples de Jean, et un certain nombre d‘autres ! Hier et aujourd’hui ! Et demain encore !

Regardez la multitude des sectes qui présentent un mélange d'erreurs et de vérités, qui craignent l'exercice de la liberté dont Dieu a doté la créature. Il est perdu celui qui oublie que la VÉRITÉ est une parole qui ne trompe pas parce qu’elle fait résonner l’amour quand on l’entend.

Il y a toujours contre-sens – quand ce n’est pas non-sens -, à croire devoir être méchant, mauvais ou pervers, pour se faire accepter ou reconnaître. Là, Jésus ne cesse de nous mettre en garde : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés."
Celui qui parle comme ça, on peut le suivre ! Tout est là.

Aller au fond des choses...



Bien sûr, pourquoi faire foi à quelqu’un qui s'est affirmé en ‘prouvant’ que tout ce qu'il accomplissait avait été annoncé par les prophètes ?
Celui qui donne sa foi n’a pas besoin de preuve, mais si la preuve vient, il ne la rejette pas !

Mais, au-delà,  comment aller à la source - ou ailleurs -, si l’on ne prend AUCUN chemin pour s’y rendre ?
On peut se tromper ? Oui ! Et alors ?
Peut-être ai-je mal entendu, mal écouté, mal interprété… Les disciples de Jean ont décidé d’aller sur place, chez lui, voir et entendre !
Gardons le cap , affinons notre sens du vrai, demeurons dans l'axe d’une Volonté et d’un Désir qui voient plus loin et mieux ! Et qui parlent clair, même quand c’est dur !

*       *
*

Nous côtoyons parfois quelqu’un sans réaliser qui il est, ni sa grandeur d'âme... Dans le seul milieu familial, que de beautés morales passent inaperçues que nous ne retrouverons que dans le salon funéraire... Jésus, en parlant avec les disciples de Jean, se donne une ouverture pour proclamer d’emblée que son cousin est le plus grand de tous ...

OUI ! Il y a encore des prophètes qui interpellent, dont nous n’entendons pas la voix, dont nous ne reconnaissons pas le timbre de la voix, aux paroles desquels nous restons sourds, et que nous frôlons dans l’ignorance et l’inconscience d’avoir manqué quelque chose et quelqu’un…
Que nous ne rencontrreons jamais une deuxième fois, peut-être…

Dieu ne cesse de s’adresser à nous, dans un langage qu’il a appris de nous, il parle notre langue pour éveiller notre capacité de lui faire foi !

« Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons la voix du Seigneur » (Ps 94)



Comment entendre, comment écouter, à moins de faire avant, silence : de faire AVENT ! SILENCE !

Ouvrir les yeux, regarder : s’exercer à faire défiler devant les yeux de notre âme ceux qui nous entourent pour deviner ce qu’ils ont mission de nous dire, à leur insu, par leur seule présence auprès de nous !



lundi 29 novembre 2010

L’Eau, l’Esprit et le Feu

L’Eau, l’Esprit et le Feu
dimanche 05 décembre 2010
2ème dimanche de l'Avent, année A

Textes
§          Is 11,1-10.
§          Ps 72,2.7-8.12-13.17.
§          Rm 15,4-9.
§          Mt 3,1-12.


Jean-Baptiste devrait revenir, comme « en ces jours-là » !

Jean-Baptiste est la figure qui inaugure le temps de l’Avent : on l’appelle le Précurseur – celui qui court en avant pour faire savoir que celui qu’on attend, arrive enfin ! Et il le montre du doigt, quand il paraît : « C’est lui ! ».
Jean-Baptiste est le médiateur, celui qui se place à l’intersection, au croisement, entre l’avant et l’après : un présent déjà passé, et qui tombe de suite dans le futur. C’est toujours le présent, quand on évoque l’action et la parole du Baptiste : c’est pourquoi c’est aujourd’hui qu’il parle. Qu’il nous parle !

Jean-Baptiste est le dernier parlant-visionnaire des Juifs de la Bible : il se retourne alors, et devient le parlant-visionnaire des hommes de l’Evangile : un bras vers l’arrière, un bras vers l’avant.
Il est même une / la vraie figure de l’Eglise qui se veut porte-parole de et pour tous ceux et celles qui ont annoncé que c’est bien ce Jésus-là qui est venu, qui vient et qui viendra !

JB fait savoir clairement qui il est et qui il n’est pas, pour qu’on ne fasse pas d’erreur sur son compte : « Moi, je vous baptise, dans l’eau (la manière juive, le « mikvé »[1]), en signe de pénitence ; mais celui qui vient après moi (et là, il montre du doigt, son cousin, Jésus), est plus grand que moi, et je ne suis pas digne de lui cirer les chaussures.  Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint[2] et le feu.»"



Il y aurait donc un baptême dans l’eau, et il y a un baptême dans le feu !  Qu’est-ce que cela signifie ? 
Le baptême de Jean est un baptême dans l’eau.  Tout comme le baptême de l’Eglise. 
Il y a donc un baptême dans l’eau, qui est celui de l’Eglise, et un baptême dans le feu. 
Or, que veut dire le rabbin pharisien Paul quand il parle d’"un seul baptême" (Ep. 4, 5). 
On ne peut nier que l’eau, ce n’est pas le feu, l’eau et le feu devant être compris ici au sens matériel : pourtant dans le baptême « matériel » de l’Eglise, il s’agit d’une vraie eau, et pour ce qui est du baptême de feu, il s’agit bien de vrai feu, puisque Jean-Baptiste dit d’une manière expresse et terrible: ". . . brûler la paille dans un feu qui ne s’éteint pas."

Pierre, dans la seconde épître à lui attribuée, nous donnerait-il la clé de ce mystère ?
"Les cieux et la terre d’aujourd’hui (présent) sont gardés par la même parole divine et réservés pour le feu, au jour du jugement et de l’anéantissement des impies." (2 P. 3, 7) 



Ainsi, le baptême dans l’eau et le baptême dans le feu trouvent tout leur sens propre :
o        le baptême dans l’eau est destiné à purifier l’âme,
o        tandis que le baptême dans le feu est destiné à purifier le corps. 

§         Durant notre vie sur terre,, dans le temps et l’espace, notre âme est donc purifiée de ses péchés par le baptême, ainsi que par la pénitence (qui peut être comprise comme la perpétuation de la grâce baptismale tout au long de l’existence);
§         mais notre corps n’est pas encore purifié : il ne le sera qu’à la fin des temps, lorsque le Seigneur ressuscitera notre corps pour la gloire éternelle (selon la formule imagée de l’Ecriture !).

La formule est « formidable », au sens de « qui fait peur », bien qu’elle sonne de façon bucolique ! Ecoutez plutôt : «Il tient en main le van ; il va nettoyer son aire, amasser le froment dans son grenier, mais brûler la paille dans un feu qui ne s’éteint pas

Le van est une sorte de panier-passoire qui sert à séparer les grains de la paille et des autres déchets.  Jean-Baptiste affirme que le Christ va être chargé de séparer le grain de tout le reste : image encore pour dire « régler tous les comptes ». Dieu a certes créé tous les hommes par Amour ! Mais Dieu est aussi Justice ! 
Et il est toujours dangereux de séparer Amour et Justice en Dieu - et en chacun, d’ailleurs ! -, car ce serait tronquer la réalité de son être et de tout être.  Il faut en tenir compte, sans quoi on se trompe, on trompe les autres, et on se perd ensemble . . . 
Dit autrement : Dieu nous offre son Amour, mais si nous n’y répondons pas, nous aurons à rendre compte à sa Justice.

Quand Paul nous avertit : "Que chacun donc se mette soi-même à l’épreuve, et qu’ainsi il mange de ce pain et boive de cette coupe." (1 Cor. 11, 28), il définit le rôle de l’Eucharistie, qui, en effet – bien que « devenue la messe qui lasse et qu’on délaisse » -, est l’Amour d’un Dieu qui se donne, mais qui vient toujours avec sa justice
o        soit nous ressusciter pour la gloire (voir plus haut),
o        soit nous accepter que nous nous condamnions nous-mêmes à l’ignominie. 

L’Eucharistie,  c’est aussi – comme je le disais en ouverture à l’image du Baptiste -, ce signe et cette réalité prophétiques où l’Eglise tout entière devrait être consciente d’être présente, celle d’hier dans celle d’aujourd’hui, qui annonce celle de demain ! 

*      *
  *

Trois temps donc:

  1. Changer de vie, mettre le cap sur Dieu, dont ainsi on s’approche du Règne (comme Israël est « invité » à le faire, après l’Egypte et après Babylone).
  2. Toute conversion engage nécessairement une réponse "en conscience" à un appel personnel : appartenir à la descendance d'Abraham ou à l’Eglise ne suffit pas, et ne garantit rien automatiquement. Cette conversion en profondeur est selon Jean Baptiste un "tout ou rien", vigoureux : la refuser, c'est tomber sous la rigueur du jugement de Dieu. Baptiste est bien le dernier prophète en Israël depuis 3 siècles, et sa tenue, son mode de vie, et sa manière de parler avec une telle force, ne pouvaient qu'attirer les foules des hommes en quête de « quelque chose » pour entendre ce qu’il avait à dire.
  3. Il ne faut pas confondre Jean Baptiste et le Messie attendu et annoncé. Cela est est manifeste dans la différence des baptêmes : entre l’eau rituelle répétitive, et l’eau sainte primordiale, en vue d’une réalité intérieure objective et invisible : à savoir la communication de l'Esprit même de Dieu, totalement insaissable et indéfinissable, mais pour autant "incontournablement" nécessaire pour transmettre à tout homme ce que Jésus aura achevé, pour tous, dans son "Heure" décisive de mort-résurrection.



Les disciples - après la Résurrection de leur Maïtre et après leur propre Pentecôte -, reprendront et transmettront ce message :

croire en Jésus –mort et ressuscité -  est indispensable à l’éternité.

Oui :
ü      l’engagement jusqu’à l’ultime du juif Jésus, dans son obéissance à la volonté de son Dieu jusqu'au dernier moment de son existence,
ü       et son baptême, fruit de cet engagement,
ont été réalisés pour communiquer à tout homme venant sur terre le "jugement" de Dieu, tout de vérité, mais d'une vérité inséparable de sa miséricorde et de son pardon !

Car le dieu de Jésus-Christ est et reste un Dieu d'Amour,
qui, par les chrétiens de chaque aujourd’hui du monde,
se fait pauvre en l’homm- messie Jésus qu’ils incarnent,
pour nous enrichir de son seul bien :
sa divine pauvreté

(2 Co 8, 9 et 1 Jn, 4, 7 - 16).


[1] Le Mikvé (ou mikveh) (en hébreu: מִקְוָה; au pluriel: mikvaot) est un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme. C'est l'un des lieux centraux de la vie communautaire juive, avec la synagogue et l'école juive (yeshiva)
[2] Le mot qui désigne l'Esprit Saint dans la Bible hébraïque est le substantif féminin, rûah, qui signifie très concrètement « e souffle ou le vent »; Il en est ainsi en grec ancien (πνεμα, « pneũma ») et en latin (spiritus) ; ptah, disait la religion pharaonique : « celui qui ouvre », le démiurge de Memphis, dieu des architectes.). On entend « éclater » l’air que ses consonnes libèrent dans toutes ses appellations! - Dans le Nouveau Testament, il est représenté par des symboles : la colombe (Mc 1, 10), la tempête, les langues de feu (Ac 2, 2-3). Saint Jean le désigne comme Paraclet, ce qui veut dire « Consolateur » ou « avocat » (Jn 14, 15).

jeudi 25 novembre 2010

La vie…

Au moment où un ami évêque me commandait
un texte sur la vie,
une amie se mourait du cancer...
Je dédie à Liliane le texte de Norbert...



Introduction à la vie qui vient…

Toi qui entres ce soir dans le ventre de la montagne,
je t‘invite à rejoindre les entrailles de la vie,
de la tienne, d’abord, et celles de la vie elle-même :
car il n’y a que la vie pour engendrer la vie
qui continue sans cesse depuis le début,
depuis les aubes bleues des premiers matins du monde !

C’est à l’orée des choses,
- dans le silence immobile du viseur,
et pendant tous ces jours nécessaires,
sans la raison encore pour commander -
que la patience éternelle du bois qui travaille
mobilise les reins des hommes, à l’âme arc-boutés.

La route de la vie est toujours correcte quand elle conduit à la vie :
il n’y a pas de détour, c’est le chemin, le chemin parcouru !
Penser n’avance à rien, ici,
mais le poids de vie de chaque jour,
depuis l’œil qui s’allume jusqu’à l’œil qui s’éteint,
chaque jour après l’autre,
avec le seul poids de l’existence
- manger, boire, dormir, se laver, se vider,
marcher ce jour, le lendemain encore,
somme de bête humaine visitée au passage,
seul compagnonnage de la rumeur des maîtres
inlassablement fréquente !

Alerte obéissante au bon vouloir des révélations,
ellipses fulgurantes,
mémoire ensemencée par le lait de l’Histoire,
contemporaine d’élections
et des centenaires à profusion…




II n’y a pas de frontière :
c’est l’existence,
l’existence menée !
Savoir n’explique pas,
Mais l’avion, le bateau, la voiture, le train, les polices, les douanes,
entre un coup de sifflet et un dernier appel !
La longue patience du voyage,
racines vers le centre pour l’amour du milieu !

Ah ! le bord des mondes !
Investigation essentielle des gigantesques marges
aux extrêmes de nos représentations,
à pied d’œuvre pour d’autres grandes marches,
itinéraires obscurs de la naissance,
air rare des altitudes !

Oraison verticale…

La vie, la véritable ?
Oublier ce qui passe,
retenir ce qui dure,
se lier à l’intérieur !
Aimer totalement qui j’ose aimer autant !

« Toute la nuit,
j’ai cherché celui que mon cœur aime.
Étendue sur mon lit,
je l’ai cherché (!) et je ne l’ai pas trouvé !
II faut que je me lève,
que je parcoure la ville, les carrefours et les rues.
Je veux chercher celui que mon cœur aime…
Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé… »
(Cantique des Cantiques 3.1 - 4)

Car
« Les cieux sont à moi et la terre est à moi.
À moi les nations, à moi les justes, à moi les pécheurs.
Les anges sont à moi et la mère de Dieu est à moi.
Tout est à moi.
Dieu est à moi et pour moi,
puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi ! »
(St jean de la Croix, cf. 1 Co 3,22-23)

Si La vie est une chance, saisis-la.
Si La vie est beauté, admire-la.
Si La vie est béatitude, savoure-la.
Si La vie est un rêve, fais-en une réalité.
Si La vie est un défi, fais-lui face.
Si La vie est un devoir, accomplis-le.
Si La vie est un jeu, joue-le.
Si La vie est précieuse, prends-en soin.
Si La vie est un richesse, conserve-la.
Si La vie est amour, jouis-en.
Si La vie est un mystère, perce-le.
Si La vie est promesse, remplis-là.
Si La vie est un hymne, chante-le.
Si La vie est un combat, accepte-le.
Si La vie est une tragédie, prends-la à bras-le-corps.
Si La vie est une aventure, ose-la.
Si La vie est un bonheur, mérite-le.
Si La vie est la vie, défends-la.
Mère Teresa



Oui, défends-la
Toujours, partout, quelle que soit sa durée, sa couleur ou sa foi !
Les fleurs aussi rêvent d’érernité,
quand on les coupe, lors des fêtes,  pour en faire des bouquets !
Les bébés phoques et les tortues des sables
sont les frères et les sœurs des enfants qui éclatent
sur les mines personnelles des déserts de malheur,
irakiens et afghans,
ou qui finissent dans les poubelles et l’indifférence
dans les arrière cours terribles des cliniques
oublieuses d’Hippocrate …

Ne deviens pas celui qui s'assied près de l'âtre
et regarde le feu s'éteindre, puis souffle en vain sur les cendres mortes.
N'abandonne pas la lutte :
céder à la fatalité est la pire des fragilités humaines.

Repends toi si tu veux pour tes lâchetés,
comprends ton erreur si tu as brisé ton arc et détruit ton carquois.
Agenouille-toi dans ton temple,
tant que tu veux !
Courbe-toi dans ta mosquée,
balance-toi devant ton mur !

Mais n’oublie pas :
Toi qui m’écoutes et moi qui te parle,
nous sommes les enfants d'une même vie,
celle qui va par tous les sentiers de l’âme
en quête de l’Être de tous les commencements,
vers une main tendue à tous,
depuis l’éternité,
offrant à tous la totalité de l'Esprit !



Les ailes de l’Esprit permettent de voler

au vaste firmament de l'Amour et de la Liberté.
Faut-il que nous coupions ces ailes avant même qu’elles ne poussent
et que nous forcions la vie à naître,
à ramper comme un ver sur la terre?
La vie est un coursier de la nuit,
plus rapide est son vol et plus proche l’aurore !


Vincent Paul Toccoli, sdb
25 novembre 2010














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