mardi 9 août 2011

A TOUS LES "GODBLOGGERS"... ET AUX AUTRES....


Chers amis « Godbloggers » !
Bonjour !
J’ai donc lancé ce GODBLOG il y a quelques temps (2010).

Déjà plus de 80 homélies ont été mises en ligne chaque semaine.
Voici pour votre information un état de fréquentation :

1.   Pages vues par pays en 1 mois dans le monde

o       France 20
o       Canada 29
o       Etats-Unis 20
o       Belgique 13
o       Algérie11
o       Russie 9
o       Suisse 8
o       Allemagne 7
o       Maroc 7
o       Royaume-Uni  6                                                                                                

&

2.    Nombre total de pages vues : 7557

3.    LES 10 Messages les plus consultés

1.       La vie…
4.       Chrétiens ? Païens ?
6.       Le siècle de fer
10.   Intimissime


Je sais : cela est encore bien peu devant l’immensité du monde !
Mais en coinsidérant que nous ne sommes « à PEINE » 100 MILLIONS à parler et à lire le français dans ce monde, cela m’a l’air de n’être pas trop mal après deux petites années d’existence !

MA DEMANDE EXPRESSE EST LA SUIVANTE :

Vous, chers bloggers, qui avez découvert ce site, et qui l’appréciez,
Faites le connaître à vos amis et à vos proches !
Organisons un réseau de lecteurs : cela dépend de vous, de chacun d’entre vous !
Moi j’écris et je mets en ligne :
  • je jette les filets !
  • mais c’est vous qui deviendrez les pêcheurs dans toutes les mers du monde !

Sachez d’autre part que mon site www.toccoli.org
  • est visité lui aussi 600 fois/jour et que
  • l’on en feuillette plus de 14000 pages/semaine

 Sachez enfin que je suis en train, de lancer un dernier site pour rendre accessibles la spiritualité et la foi, dans un langage et avec des préoccupations contemporains : il s’agit de

Ø      NB : il suffit de cliquer sur le lien pour y accéder : ESSAYEZ !



A bientôt sur Godblog !
Votre fidèle VP

dimanche 7 août 2011

Chrétiens ? Païens ?

Chrétiens ? Païens ?

14 Aôut
20ème DTO


Textes
-         Is 56, 1.6-7
-         Ps : 66, 2-3.5.6 et 8
-         Rm 11, 13-15.29-32
-         Mt 15, 21-28


S’il y a un leitmotiv dans la prédication  du rabbin galiléen itinérant – qu’était ce Jésus de Nazareth -, c’est que ceux qui étaient le plus loin géographiquement et traditionnellement de lui  - ici la cananéenne de la région de Tyr et de Sidon, un autre jour ce sera un centurion  romain ! -,   aient été ceux qui se sont trouvés les plus proches de sa parole, de son enseignement et finalement du Dieu qu’il annonçait à qui voulait l’entendre !
Il faudrait dire : à qui pouvait l’entendre ! Car il semble s’agir plus de « capacité de réception » que de compréhension ! Le problème semble « neuronal » !
Et en plus dans ces deux cas, ce sont des ennemis païens : des polythéistes sanguinaires[1] ou des occupants ! Comme quoi !


Jésus est clairement entré en territoire païen pour des raisons difficiles à clarifier - bien que de manière évidente il cherche l'anonymat et au moins provisoirement, un éloignement des foules qui l'ont entouré constamment. En dépit de son désir de « repos » (quies, dit pour un retraite !), le voici abordé par une païenne qui en raison même de son importunité introduit la question du salut: Jésus l'apporte-t-il pour les juifs seulement ou également pour les païens et le reste de l'humanité?
Quelle langue ont-ils utilisé pour cet échange on ne peut plus vif ? Grec ? Araméen ? Hébreu ? Grandi en Galilée – le carrefour des nations -, je ne vois pas pourquoi il n'aurait eu aucune connaissance du Grec, même s’il parlait araméen dans la rue et hébreu à la synagogue.

- Laisse d'abord se rassasier les enfants; car il n'est pas bon de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens.

1.     Les enfants sont donc les juifs,
2.     les chiens sont les païens,
3.     le pain est le salut apporté par Jésus.
En tout cas, en la circonstance, ce n'est pas Jésus qui a le dernier mot, mais plutôt la Syro phénicienne ! C'est comme si le jugement de Jésus sur "ce qui est juste" était censé évoquer l'expression offerte en réponse:

- Il y a des miettes restées du pain mangé par les Juifs à qui le salut a été offert et qui ne sauraient être écartées des enfants des Païens.

Il est impératif de resituer la parole de la femme dans le contexte du surplus collecté par les disciples lors de la multiplication des pains au ch. 6. Car si le trajet décrit ici semble quelque peu « étrange » parce qu'il va au nord du secteur de Tyr à Sidon et puis en arrière jusqu' au sud-ouest vers la Décapole[2] : c'est évidemment dans l'intention de Jésus de rester strictement en territoire Païen pour l'instant.



Ce que les Évangiles nous disent de l’attitude si positive de Jésus envers les païens a donc pu être influencé  par les premières expériences de rencontres entre les disciples de Jésus d’origine juive et  les païens voulant devenir chrétiens après l’abandon de la Terre d’Israël pour rejoindre la capitale de l‘empire : Rome.
Autrement dit :
-         est-ce l’attitude « naturelle ou volontaire » de Jésus que nous rapportent les évangiles,
-         ou bien la nécessité des disciples en diaspora leur fait-elle présenter un  Jésus si proche des païens ?

Au temps de Jésus, les Juifs divisaient la société en deux clans : le peuple juif qui était le peuple choisi par  Dieu, celui qui avait accueilli ( ?!)  son enseignement (la Tora),  et les autres peuples (les  goïms) qui avaient d’autres dieux.   
Les Évangiles – rédigés entre 70 et 100 environ, remarque-t-on -, sont unanimes à situer l’essentiel de la prédication et de l’action de Jésus dans la province de Galilée. Il est vrai que c’est là que Jésus a vécu sa jeunesse, mais on  pourrait penser que son action aurait dû privilégier Jérusalem, le cœur de la vie juive. La
Galilée était en effet un monde où juifs et non juifs étaient mêlés. Son surnom était donc la  Galilée des peuples.



Ce choix de la Galilée mettait donc Jésus constamment en contact avec des païens.

Luc en a même fait comme le discours inaugural de la mission de Jésus : le choix d’Israël comme peuple de Dieu ne signifie pas une exclusivité. En effet dans le passé, Dieu a parfois choisi des païens plutôt que des Juifs pour apporter réconfort et guérisons (Luc 4, 25-27). On se souvient que cela provoquera la fureur des gens de Nazareth.  Et Luc – clever boy ! -,  fait de cette réaction le prélude de l’opposition de certains Juifs à Jésus qui iront  jusqu’à vouloir sa mort.

Ainsi, même si, d’après Matthieu (10,5), Jésus a demandé à ses ‘missi dominici, ses Envoyés’ de ne pas aller chez  les païens ni les Samaritains, les évangiles, eux, nous rapportent que Jésus parcourait les  territoires païens, opérant plusieurs guérisons[3] ! Pour aller de la Galilée vers Jérusalem, Jésus ne craignait pas de passer par la Samarie, une province considérée comme hérétique  par les Juifs orthodoxes de Judée[4]. Enfin, même si l’on ne rapporte pas de repas pris avec des païens, les évangiles montrent que Jésus s’assoit à la table des publicains : or  ces collecteurs d’impôt sont des gens qui collaborent avec les Romains et sont donc considérés comme impurs. Il semble même  qu’on les assimilait aux païens (Matthieu 18,17).

Les remarques de Jésus sont alors autant de « piques » à l’égard de ses coreligionnaires.

À plusieurs reprises, en effet, ne souligne-t-il pas qu’il a trouvé chez des païens une foi plus grande que  chez ses compatriotes, allant même jusqu’à dire que des païens partageront le repas dans le  Royaume alors que des Juifs resteront dehors : «On viendra de l’est et de l’ouest, du nord  et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu» (Lc 13,28-29). 

Assez de démonstration !

Ma terrible question aujourd’hui est la suivante :
pour reconnaître en Jésus, le Christ et le Fils de Dieu, est-il plus facile quand on est  païen ou quand on est catholique romain ?
Autrement dit,
-         être coreligionnaire du Système Eglise Catholique Romaine
facilite-t-il ou rend-il plus malaisé de
-         devenir disciple du maître de la Bonne Nouvelle ?

Pour Jésus, il apert que le peuple de Dieu ne peut se confondre avec le  seul peuple juif. Des gens de  tous les peuples peuvent devenir le peuple de Dieu et  accomplir son rôle dans le monde.
Ø     C’est donc que le peuple de Dieu est distinct du Royaume et que celui-ci accueillera tous  ceux qui auront vécu selon la règle de la bonté, qu’ils aient ou non connu Dieu et son  Envoyé : Jésus.

C’est ce que traduit très clairement la parabole du jugement dernier en
Matthieu :
Quand le Fils de l’homme viendra dans sa  gloire… devant lui seront  rassemblés tous les peuples…
-         ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le  Royaume… car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger’…
-         ‘Seigneur, quand nous  est-il arrivé de te voir affamé?’...
-         ‘Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’» (Matthieu 25,31 et ss)

Si donc la réalisation du royaume est la fraternité de tous les humains qui s’accomplit par la  bonté inconditionnelle et le pardon, le peuple de Dieu peut être envisagé comme un  laboratoire où les disciples de Jésus s’entraident pour

apprendre à aimer comme le Père  par la force de son Esprit.

«Mon Père m’a donné  un précepte : quoi commander et  prêcher. Et je sais que son précepte est vie d’éternité» (Jn 12,49-50).

Ce précepte n’est autre apparemment que d’

aimer de bonté inconditionnelle
dans l’espérance que cette bonté qui est pardon
transforme les humains.

Jésus le dit aussi par cette autre formule : «Vous êtes le sel de la Terre… vous êtes la  lumière du monde.» (Mt 5,13-14)[5].
-         Si Jésus peut partager le pain avec les pécheurs et les ‘impurs’, c’est son amour est plus fort que le mal.
-         Demander à ses  disciples d’être sel de la Terre, c’est leur demander d’être comme le ciment de l’unité du peuple de Dieu.



La Terre est ici le symbole de ces lieux, de ces milieux où l’amour de  Dieu règne. Si ces milieux sont des communautés vivantes de l’amour du Père, alors elles  seront lumière pour le monde, pour l’humanité toute entière.

Chrétiens ? Païens ?
Dis moi comment tu aimes,
je te dirai qui tu es !














[1] Dans les ruines des “hauts lieux” de la civilisation cananéenne, les archéologues ont trouvé de nombreuses urnes contenant les restes d’enfants sacrifiés à Baal et un nombre incalculable de sculptures et de plaques gravées représentant Aschtoreth (Astarté) dotée d’organes génitaux hypertrophiés de façon obscène, tous objets destinés à exacerber la sensualité. Les Cananéens adoraient leurs dieux en pratiquant devant eux des actes immoraux qui avaient valeur de rite religieux, et en assassinant leurs premiers-nés, qu’ils offraient en sacrifice à ces mêmes dieux. - Dans le livre de Josué, le pays de Canaan fait l'objet de la conquête et du partage du pays par les Hébreux (vers le xiie siècle av. J.‑C.).
[2] La Décapole en effet  - du grec deka (dix) et polis (cité) -, désigne dix villes principalement situées à l'est du Jourdain, qui se regroupèrent en une ligue. Certaines apparaissent en  Mt 4. 25, Mc 5. 20,  Mc 7. 31 : Damas (Syrie), Philadelphia (Amman, Jordanie), Gadara (Umm Qeis, Jordanie), Pella (Tabaqat Fahil, Jordanie), Gerasa (Jerash, Jordanie)
[3] Guérisons de la fille d’une cananéenne (Mc 7,24 et ss), du serviteur du centurion (Lc 7,1-10), du démoniaque gérasénien (Lc  8, 26 et ss), du lépreux samaritain (Lc 10,29). 
[4] Il demandera même de l’eau  à une femme de Samarie au  grand étonnement de celle-ci : «Comment! Tu es Juif et tu me demandes à boire à  moi, une Samaritaine» (Jn 4,9). Dans la parabole du bon Samaritain (Lc 10,23-37) il montrera que c’est avant tout la miséricorde qui rend pur et proche de Dieu.
[5] On sait que le sel, dans la Bible, est ce qui scelle toute  alliance. Partager le pain et le sel, c’est sacraliser l’amitié.

lundi 1 août 2011

C’étaient de très grands vents...


C’étaient de très grands vents
07 Aout
19ème DTO




Textes
-          1 R 19, 9a.11-13a
-          Ps 84, 9ab-10.11-12.13-14
-          Rm 9, 1-5
-          Mt 14, 22-33

Pierre est l’exemple paradigmatique de notre velléité : généreux et vain, croyant et hésitant, confiant et sceptique, audacieux et pourri de doute. Car si nous « coulons », la plupart du temps c’est pour avoir cru… sans y croire vraiment ! La tentation du gagne-petit, sinon du prétentieux ! En fait, un reste irréductible de magie, qui nous fait attendre le coup de la baguette de la fée Clochette, alors que nous mériterions le bâton de Guignol !




C’est vrai. Il y a des jours où la vie est terriblement pesante : horizon bouché, manque de goût pour tout, lente dérive vers l’inanimé… qui n’a plus d’« âme qui ‘s’accroche’ à notre âme et la force d’aimer… ». Et puis sur le chemin, soudain, impromptu, une rencontre, quelqu’un, un autre… Une issue… Parce qu’une présence à notre insu nous redonne le simple courage de vivre, de repartir, de se relever, d’abandonner cette torpeur de l’âme plus nocive que la maladie du corps.

*      *
*
Elie est tellement affecté par le « n’importe quoi » dans lequel le peuple et le pays sont tombés, que son  désespoir de pouvoir y remédier, le pousse à se souhaiter la mort. C’est dans ce « mood » qu’il entreprend un pèlerinage au Sinaï, la montagne où Dieu s'est manifesté à Moïse : il veut se retrouver face à Dieu, comme jadis Moïse, justement 

C’est uniquement après avoir fait le plein de l’Autre, Dieu, 
qu’il reprend du poil de la bête et continue sa mission : 
s’opposer à l’autre, le Roi !

On a beau se souvenir de ce que Dieu à pu faire dans notre histoire avec lui : l’oubli de notre passé commun peut à la fois ou nous perdre ou nous sauver ! On préfère rêver à un ‘Âge d’or’ magique, plutôt que de s’atteler à un quotidien ‘trivial’ et en faire nous-même l’or de notre âge !

Tout Juif d'origine qu’il soit,  Paul, le grand Paul n’arrive pas à convaincre ses coreligionnaires de sa découverte de l’Autre de sa vie, le Christ : ce sont les ‘autres’, les païens qui adhèreront à sa prédication… Pourquoi ? Il pourra toujours espérer qu’un jour… Eh bien non ! Chacun son chemin, chacun sa voie, chacun son destin…
*       *

*

Quand Jésus disparaît pour aller prier, je me suis toujours demandé ce qu’il ‘fait’, ce qu’il ‘dit’, ce qu’il ‘se représente’ dans sa ‘prière’… Les disciples ne s’interrogent plus, eux : quand il est ‘comme ça’, ils préfèrent le laisser tranquille et s’éloigner. C’est ce qu’ils font encore aujourd’hui : ils prennent la barque pour traverser le Lac... Il saura bien revenir tout seul…




Jésus en ce sens est un parfait ‘zéniste’ ! A mon avis, bien sûr ! Je suis persuadé qu’il ne fait rien, qu’il ne dit rien, qu’il ne se représente rien !

Il pratique – à des kilomètres et des années de distance -,  le Mushin (無心). C’est est un état mental dont l’expression signifie ‘l'esprit sans esprit’ - c'est-à-dire, un esprit non ‘occupé par la pensée ou l'émotion’ et ainsi ouvert à tout. C’est là qu’entrent le samouraï et l’artiste : ils exemptent leur esprit de toute pensée : colère, crainte, ego… pendant le combat ou la vie quotidienne. La personne est alors totalement libre pour agir et réagir sans hésitation et sans perturbation : et l'esprit fonctionne à grande vitesse, mais sans intention, plan ni direction pré arrêtés.

Une comparaison qui n’aurait pas déplu l’enfant de Nazareth amateur de paraboles : un esprit ‘clair’ peut être comparé à un étang immobile, qui peut refléter clairement la lune et les arbres ; mais juste comme des vagues dans l'étang tordront l'image de la réalité, ainsi les pensées que nous entretenons perturberont la vraie perception de cette réalité.

Car le silence, le vrai silence - autant intérieur qu'extérieur - est une plénitude où l’ ‘essentiel’ se fait proche et trouve de la place pour lui ! La chiaroscuro du Caravage fait ressortir la lumière et les couleurs par des zones d'ombre. Le contraste de la concentration et du vide est le lieu performatif part excellence de la cohésion, de l’adhésion, de la conformité, de la fusion entre le ‘même que nous sommes’ et ‘l’autre que nous devenons’ dans la mouvement de l’e/Esprit commun à Dieu et aux hommes.

Si le Galiléen ‘se retire comme ça’, c’est qu’il aime bien se laisser bercer par
 ce ruach ( רוּח),
ce ptah
ce pneuma (πνεύμα),
ce spiritus cet E/esprit

qui souffle où bon lui semble (ici et là, proche et lointain, côté cour et côté jardin, en ville et à la campagne, chez les bons et chez les méchants, chez les Juifs et les Romains…)… d’autant plus qu’il /sent/sait parfaitement, lui, Jésus, et d’où il vient et où il va…

Alors il savoure délicieusement la suavité et la douceur de l'amour de son dieu et père. L’oasis de silence devient une cathédrale où seule la vie - ce qui en vient et ce qui y mène – a sens, est sens, devient sens !

Jésus en sort si léger de toutes les lourdeurs de son incarnation assumée, qu’il rattrape rapidement ses amis sans l’aide d’une barque, d’un hydroglisseur ou d’un ski nautique ! A pied, en bon marcheur qu’il est ! Et il crée alors la perturbation :
-         Un fantôme ?
-         Non, c’est lui !
-         Ch’peux venir ? 
-         Viens !
-         A l’aide, je coule !
-         Tant que tu ne me feras pas confiance…

Interdit : Zone de prière
Seulement personnes autorisées


Il n’y a pas « de but en blanc » : Dieu n’a ni Ipad, Iphone ni BlackBerry ! Les SMS, « y connaît pas » !
La brise, la paix, le vide : il connaît ! Cela s’apprend !
La mer... Les flots ! « Y’a pas de problème » ! Si avant d’être capitaine on a fait ses classes de matelot !

La Foi ? « Mais y’a pas plus facile » ! Un regard sur l'univers peut convaincre que Dieu existe. Les démons aussi ont la Foi : tout le monde peut en parler !
Mais vivre à partir de la foi ! Autre paire de manches !
Sans cet E/esprit qu’on sent dans la « prière à la Jésus », impossible !
Il faut risquer le tout pour le tout.

« Sans doute » Pierre marche effectivement sur les flots : 
mais le doute s'empare de lui... il est perdu... alors, il commence à enfoncer.

L'essentiel de cette foi, c'est faire confiance absolue en quelqu’un de vivant au cœur de son existence, mêlé à, et englobant tout ce qui me concerne. C’est le contraire de la peur !

La grâce, c’(e n’) est peut-être (que) ça !




C’étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde,
De très grands vents en liesse par le monde,
qui n’avaient d’aire ni de gîte,[]
Qui n’avaient garde ni mesure…
Ah ! Oui, de très grands vents sur toutes faces de vivants !

Saint-John Perse, Vents


dimanche 24 juillet 2011

Instruire et nourrir !

Instruire et nourrir !


31 Juil
18ème DTO


Textes
§         Is 55, 1-3
§         Ps 144, 8-9.15-16.17-18
§         Rm 8, 35.37-39
§         Mt 14, 13-21

Mon Dieu, ce ne doit pas être facile ( ?) d’être « tout » !
Quand tu te donnes, comment fais-tu pour te donner ?
Quand on dit que tu combles le désir de l’homme,
on a peine à imaginer ce que cela veut dire !
Quand tu invites à donner comme tu donnes, comment faire ?
Et ce n’est pas simple avarice…
Nous dépasser ?
Ce serait se confondre à toi par ta toute puissance,
Dieu des limites de l’impossible devenu possible !
C’est de l’homme pauvre que tu te glorifies
En rassasiant les foules de ta présence
depuis la première aube du premier jour !

Alors livrons-nous ensemble :
Que notre humanité nourrisse ta divinité
Que ta divinité éternise notre humanité.


Ce Royaume impossible à définir avec des mots, c'est d’abord l'inverse d'une humanité où on pratique le « chacun pour soi ». C’est plutôt le règne de l’invitation permanente : Mi casa es su casa ! A table on n’invite que ses amis !

Les apôtres ne savent pas très bien ce qu’ils doivent faire avec cette foule : le préposé aux provisions a bien dû prévoir quelque chose, mais qu’est cela, même en y ajoutant les poissions et les pains du jeunes homme envoyé par sa mère aux commissions…
Il faut dire qu’ils n’ont encore aucun entraînement : faire confiance, ça s’apprend aussi ! Ils étaient à Cana, ils ont vu le vin : plein de vin ! Au lac, ils vont voir le pain : plein de pain !

A  Babylone, les Juifs déportés durent lutter âprement connurent pour du pain quotidien... Isaïe en profite pour annoncer le temps (quand ?) où toute nourriture sera gratuite... Mais de quelle nourriture s’agit-il donc, car chacun sait bien que la moitié du monde ne mange pas à sa faim ?
Oui, qu’est-ce qui nourrit l’homme, vraiment ?
C’est une vraie question.


Quand on chante que Dieu nourrit son peuple et l’a nourri tout au long de son Histoire, il y a quelque chose qui cloche : il y a donc nourriture et nourriture. Et la nourriture matérielle était / est & sera l'annonce et l’image de cette nourriture spirituelle par laquelle Dieu a choisi de rester avec les hommes jusqu'à la fin des temps... Le Pain de Dieu, en somme !

Matthieu nous raconte donc que Jésus nourrit tout le monde avec 5 pains et 2 poissons...
C’est lui qui repousse la suggestion des disciples de les renvoyer prudemment avant la nuit, et leur demande qu'on leur donne à manger !!!
C’est « mission impossible » ! Le rapport quantitatif ne tient pas !
On connaît la suite.
Alors que s’est-il passé ? Exactement !
Tour de passe passe ? On comprend que les gens voulaient l’attraper pour en faire leur Roi !
C’est ce que j’aurais fait, moi aussi ! Cette réaction parle pour une action extraordinaire : il a dû se passer quelque chose que les « yeux » (oculus) n’ont qu’ad-«miré » : deux mots qui ont formé le mot « mir –acle » : « les yeux admirent » !



Franchement : les 5 pains, les 3 poissons, les milliers de convives…Voilà qui relève de l’art de raconter en vogue dans cette culture. C’est un midrash : מדרש une compilation de commentaires homilétiques, légaux et rituels ou légendaires, moraux, folkloriques et anecdotiques, pour exposer et interpréter un évènement qui touche la foi en Dieu.
Ce midrash situé sur les bords du lac – comme celui situé à Cana -, est exposé comme une préfiguration du Repas eucharistique, que Jésus inventera la veille de sa mort pour continuer à nourrir les siens de son Corps (au lac) et de son Sang (à Cana)...
N’oublions jamais que ces textes ont été écrits près de 50 ans après la mort et la résurrection de Jésus, et ailleurs qu’en Palestine, par des gens et des communautés judéo et pagano chrétiennes qui veulent rendre cohérents les divers épisodes de la vie de Jésus dont ils se souviennent et qu’ils rapportent dans la perspective de susciter la foi en lui.

Comment ne pas comprendre l'effarement des apôtres devant la proposition impossible de Jésus ? Dans la logique du midrash, leur foi - la foi -, doit être mise à l’épreuve
L’évangéliste veut nous enseigner (catéchèse) que si nous croyons vraiment, il se produit dans notre vie des choses qui nous paraissent impossibles... 



Ailleurs ne nous est-il pas dit par la bouche de Jésus qu'un peu de FOI (gros comme un grain de moutarde) pourrait déplacer des montagnes et faire pousser des arbres dans la mer ?... Et que toute prière faite dans cette foi est exaucée de la manière qui est le mieux pour nous ?
Nous sommes ici du côté de la foi…
On peut rester de l’autre côté, et ne pas passer la frontière où l’impossible devient possible !
 « Demandez et vous recevrez »...
Instruire et nourrir !

Les jésuites[1] disent qu’il nous faut agir comme si tout dépendait de nous tout en sachant bien que tout vient de lui et de la force de son esprit.
De quoi et de qui pourrions-nous avoir peur ?...

Ecoutons l’appel du fond de notre coeur  afin d'être toujours prêts à suivre cette force qui peut devenir nôtre.

Cela implique indéniablement une certaine énergie... et prend du temps... On ne récolte que ce qu'on sème... et quand on donne, on ne compte pas !
.



[1] C’est la Saint Ignace de Loyola aujourd’hui. Íñigo López de Loyola, francisé en Ignace de Loyola (né le 24 décembre 1491, à Azpeitia dans le Pays basque espagnol et mort le 31 juillet 1556 à Rome) est le fondateur et le premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus — en latin abrégé SJ pour Societas Jesu — congrégation catholique reconnue par le pape Paul III en 1540 et qui prit une importance considérable dans la réaction de l'église catholique aux XVIe et XVIIe siècles, face à l'ébranlement causé par la Réforme protestante