jeudi 5 mai 2011

Dé- création/Re-création

Dé- création/Re-création
08 Mai 2011
3ème dimanche de Pâques Année A

Lectures
Actes 2, 14,22b-33      
Psaume 15
1 Pierre 1, 17-21
Luc 24, 13-35


Emmaùs : une des plus célèbres pages de l’Evangile !

Au soir du vendredi saint, le rêve des amis de Jésus s'est évanoui.  Il les avait fascinés. C’était à n’en pas douter le Messie de Dieu !
Hélas ! le rideau est tombé, la Pâque s'est achevée, et la réalité quotidienne a repris ses droits. Ils doivent désormais apprendre à vivre avec ce grand vide dans leur cœur : la perte de leur cher ami et maître, leur  guide.
Mais qui sont ces deux  « disciples » ?  Kléophas, le seul nommé par Luc, est-ce le Klopas de Jean, époux d’une des Marie au pied de la croix ?
Et l’autre ? Est-ce un homme, un femme ? C’est peut-être un couple qui s’en va, le cœur  brisé…
Que nous soyons homme ou femme, Emmaùs nous concernés tous : leur désespoir peut être aussi le nôtre, comme leur retour à la joie !

Emmaùs est le lieu d’une effroyable bataille des Grecs contre les Juifs (1 M 3, 40.57 ; 4, 1-27), bataille fut gagnée contre toute espérance par les Juifs. Judas Maccabée s’en était remis à Dieu et au courage de ses hommes :
Maintenant, crions vers le ciel : s'il veut de nous, il se souviendra de son alliance avec nos pères et il écrasera aujourd'hui cette armée que voici devant nous. Alors toutes les nations reconnaîtront qu'il y a quelqu'un qui rachète et sauve Israël ! (1 M 4,10-11).

Le couple de voyageurs revoient les évènements défiler dans leur cœur ! Le drame de Jérusalem, le Golgotha, la croix, la mort…., comment leur maître a fini, cloué sur planche comme un traître ou un esclave. Comment n’être pas désemparés. Pire : désespérés !

Pourquoi ne reconnaissent-ils pas le voyageur qui se joint à eux incognito ? Pourquoi « leurs yeux étaient-ils donc empêchés de le reconnaître » (Lc 24, 16).  Est-il devenu si « différent » d’aspect ? Cet aveuglement est-il d’ordre spirituel, comme on dit ?
Le salut dont Luc – qui n’a pas connu le Christ -, est le témoin dans ses écrits (Evangile et Actes) est certes un salut qui se voit et qui donne la joie. Ici il met en scène la tristesse et le désespoir :pour faire mieux ressortir la joie et l'espérance ?


La page d'Emmaùs commence sous un ciel sombre. Comme le soir de la bataille ! Mais aujourd'hui, Dieu est absent. Ils avaient cru … Tout cela est fini. Dommage !
C’est à ce moment-là que le résuscité entre en scène et en action.
En bon pédagogue, il les et nous surprend, en nous prenant par là où nous ne l'attendons pas. Il se met à commenter la Bible !  Ou plutôt, par elle, il éclaire les derniers événements : mieux encore que le Docteur Ratzinger en deux tomes, il leur et nous donne une leçon d'exégèse inoubliable.D’ailleurs il l’écrit lui-même[1] : Emmaùs est, « en un certain sens, le modèle d'une catéchèse au centre de laquelle se trouve "l'explication des Écritures", que seul le Christ est en mesure de donner [...], en montrant leur accomplissement dans sa personne»[2].
Mais cette parole n’aura pas suffi : "leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent" seulement quand Jésus prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Nous voici renvoyés à l'eucharistie toujours vécue en lien avec la Parole de Dieu.

Le théologien Xavier Thévenot, sdb, a signalé un lien intéressant entre le récit de la première trangression - la manducation du fruit défendu - et celui d'Emmaus[3]. De fait, ces deux pages sont les seules de la Bible qui associent l'ouverture des yeux à la (re)connaissance de quelqu'un (ici, Jésus de Nazareth) ou d'une réalité
- « Leurs yeux à tous deux s'ouvrirent, et ils connurent qu'ils étaient nus » (Gn 3, 7) ;
- « Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent >> (Le 24, 31).


Thévenot comprend le récit de la Genèse comme un repas de « dé-création », qui consomme la rupture entre l'homme et Dieu. En revanche, Emmaùs est un repas de « recréation », où les disciples désespérés ont puisé une force nouvelle, et une joie qui brûle le cœur.

Riche idée qui éclaire à son tour notre démarche eucharistique : la « fraction du pain » suit la proclamation de la Parole :

ainsi AUJOURD HUI - c’est-à-dire CHAQUE JOUR -
nous célébrons à notre tour notre pleine réconciliation avec Dieu,
avec le sacrement de la création nouvelle,
ISSU/E DE PAQUES,
une histoire de mort vaincue par la vie !


Mors et vita duello
conflixere mirando
La mort et la vie se sont affrontées
en un duel prodigieux
dux vitae mortuus,
regnat vivus. ...
le Maître de la vie était mort :
Le voici, vivant, qui règne.







[1] Exhortation apostolique « Verbum Domini, La Parole du Seigneur», suite au Synode des évêques de 2008, consacré à « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Église ».
[2] BENOIT XVI, La Parole du Seigneur. Exhortation apostolique, Paris, Bayard - Éd. du Cerf - Fleurus -Marne 2010, § 74.
[3] Xavier THÉVENOT, « Emmaùs, une nouvelle genèse ? Une lecture psychanalytique de Genèse 2-3 et de Luc24, 13-35 », Mélanges de science religieuse n° 37, 1980,p.3-18. Fr. Luc DEVILLERS, o.p.dont je m’inspire ici rappelle que le pape LÉON LE GRAND  y avait déjà pensé, au V° siècle, Homélie pour l'Ascension cité dans la Liturgie des Heures, t. Il, p. 700 ; voir aussi Paris, Éd. du Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 74, p. 272-273.


jeudi 28 avril 2011

L’Infini pour briser le fini ou le temps du réveil de l’homme



L’Infini pour briser le fini ou le temps du réveil de l’homme

Ces heures, en cette Semaine Sainte, sont d’une extrême gravité pour être celles où le fils de Dieu meurt crucifié. Ne laissent-elles pas cependant percer l’espérance par une vie donnée à un tel niveau de générosité qu’elle ne s’oppose pas à la mort mais la traverse.
Bernard Devert

L’Infini pour briser le fini est le temps du réveil de l’homme.
Depuis l’origine, les êtres scrutent le sens de la vie ; d’aucuns considèrent que cette recherche est vaine : l’homme ne serait qu’un foetus de paille sur l’océan des hasards.
Que d’événements, comme ceux qui viennent de surgir au Pays du Soleil Levant, donnent du prix à cette sombre hypothèse.
Pourtant, que d’hommes refusent de se coucher et d’abdiquer devant la fatalité ; défiant les tsunamis, ils vont au secours de ceux qui se trouvent dans des abimes ou des enfers.
D’autres au prix de leur vie résistent à la tyrannie de ces dirigeants, odieux pantins, pleins d’eux-mêmes mais vides de toute humanité.

Le Vendredi Saint, le sort du Fils de l’Homme apparaît scellé pour être mis au tombeau.
Dieu rejeté, l’homme s’en est donné à coeur joie,
considérant qu’un avenir se faisait jour pour n’avoir plus de comptes à rendre.
Libre, pense-t-il ! De qui et de quoi ?
Après avoir donné des coups à l’auteur de la vie,
il découvre en ce moment de déréliction, comme les bourreaux, qu’il était le fils de Dieu.
Qui est-il Celui qui sauve l’homme jusque dans ses absurdités ?

Les Pouvoirs politiques et religieux vont placer des gardes devant le tombeau sans empêcher la pierre de rouler ;
là où est l’Amour, la vie passe les murailles.
Un « autrement » se fait jour, c’est Pâques, le déjà-là de notre résurrection.
Dans la reconnaissance de cette vie qui nous est partagée,
comment ne pas éprouver intérieurement, tels les disciples d’Emmaüs, que nos coeurs deviennent le berceau d’une nouvelle et décisive naissance.
Maurice Zundel souligne que l’homme n’est pas encore né.
Oui, jusqu’au moment de cette expérience unique offerte à tous :
une pâque, un passage pour l’autrement de notre histoire qui ne cesse alors de l’interroger,
temps de l’essentiel, indissociable de celui du Mystère et du silence

.
Joyeuses fêtes de Pâques.
Parution : Golias, 22 avril 2011

PASSIONNEMENT


PASSIONNEMENT
01 Mai
2ème dimanche de Pâques
Textes

Je crois que ce n’est pas blasphème que d’avouer ne pas pouvoir croire à la Résurrection. Dernièrement une enquête révélait même que 34 % des catholiques français… ne croyaient pas en Dieu ! Peu importent les raisons personnelles, qui resteront toujours le mystère de l’être-au-monde !
Mais ce qui importe, c’est le contre témoignage de ceux qui prétendent croire et en Dieu et en la Résurrection du Christ ! Et dont le vie est la preuve du contraire ! Car croire en Dieu, c’est en même temps croire en les hommes, et aimer Dieu qu’on ne voit pas, c’est aimer les hommes que l’on voit, mais que l’on côtoie… souvent sans les voir !

"Pour être honnête, avouait quelqu’un qui pourrait être vous ou l’un de vos proches,  qui pourrait être moi ou l’un des miens -, je dois avouer que je doute beaucoup de la Résurrection de Jésus. J'ai beaucoup souffert dans ma vie et je souffre encore. Je doute beaucoup qu'un Dieu bon soit vivant au milieu de nous. Je me demande parfois si tout cela n'est pas une invention des hommes".



Cela ne résonne pas du tout comme une provocation ! A la limite, cet homme parle de son doute comme on avoue un péché, comme si le doute était indigne d'un croyant chrétien.

La preuve est là, dès les premiers  jours : Thomas !
Car le doute peut être considéré "sans doute" comme l'itinéraire normal du croyant.
C’est même très sain(t) de se demander de temps en temps… pourquoi… comment… et si…. Et la foi est beaucoup plus solide lorsqu'elle a surmonté le doute. Une foi sans questions, sans interrogations risque de sombrer dans ce qu'on appelle le "fidéisme", c'est-à-dire "Je n'y comprends rien, mais j'y crois quand même". Avoir la foi, au contraire, c'est avoir assez de lumière pour porter ses doutes.

Dès les premiers temps de l’Eglise, on s’est posé ces questions, et les Corinthiens, vivant dans le monde global de l’époque, dans un port de l’importance d’Anvers, ne manquaient pas d’interroger Paul à ses passages (1 Cor 1, 18-25). Que leur répondait-il ? 



18
Ὁ λόγος γὰρ ὁ τοῦ σταυροῦ τοῖς μὲν ἀπολλυμένοις μωρία ἐστίν, τοῖς δὲ σῳζομένοις ἡμῖν δύναμις θεοῦ ἐστιν.

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu.
18
20
ποῦ σοφός; ποῦ γραμματεύς; ποῦ συζητητὴς τοῦ αἰῶνος τούτου; οὐχὶ ἐμώρανεν ὁ θεὸς τὴν σοφίαν τοῦ κόσμου;

Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?
20
21
ἐπειδὴ γὰρ ἐν τῇ σοφίᾳ τοῦ θεοῦ οὐκ ἔγνω ὁ κόσμος διὰ τῆς σοφίας τὸν θεόν, εὐδόκησεν ὁ θεὸς διὰ τῆς μωρίας τοῦ κηρύγματος σῶσαι τοὺς πιστεύοντας.

Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.
21
22
ἐπειδὴ καὶ Ἰουδαῖοι σημεῖα αἰτοῦσιν καὶ Ἕλληνες σοφίαν ζητοῦσιν,

Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse :
22
23
ἡμεῖς δὲ κηρύσσομεν Χριστὸν ἐσταυρωμένον, Ἰουδαίοις μὲν σκάνδαλον ἔθνεσιν δὲ μωρίαν,

nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens,
23
25
ὅτι τὸ μωρὸν τοῦ θεοῦ σοφώτερον τῶν ἀνθρώπων ἐστίν, καὶ τὸ ἀσθενὲς τοῦ θεοῦ ἰσχυρότερον τῶν ἀνθρώπων.

Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes.
25


Chacun de nous peut, à un moment ou à un autre, se reconnaître mieux en Thomas qui doute…
Ecoutez-le : il n'est pas seulement triste, il est révolté ! Il a cru que cet homme Jésus était le sauveur promis et attendu. Il y avait une telle force dans ses paroles et ses attitudes !… Et il devait se souvenir du paralytique remis debout, de Zachée réhabilité, et de tant d’autres épisodes qui lui donnaient envie de la suivre…
Mais tout cela est terminé. Il est mort, on l'a tué.  « Où était Dieu à ce moment-là » ? Comme criait Elie Wiesel, après la Shoah… Pourquoi … ?

"Mais non ! – dit l’autre voix intérieure, - cela n'est qu'une belle légende. Tu le vois bien ! Jésus n'est pas vivant ! Il ne peut pas être vivant ! "
Leucémie, tsunami, terrorisme… Trop, c’est trop ! Rien n’a changé, rien ne change, rien ne peut changer ! Cruauté du monde, non-sens de l’activité humaine, misère fatale, souffrance et mort indignes…
« Le silence », filmera Ingmar Bergmann !
Silence de Dieu, et finalement silence de l’homme… écrira Alfred de Vigny :

S'il est vrai qu'au Jardin sacré des Ecritures,
Le Fils de l'Homme ait dit ce qu'on voit rapporté ;
Muet, aveugle et sourd au cri des créatures,
Si le Ciel nous laissa comme un monde avorté,
Le juste opposera le dédain à l'absence
Et ne répondra plus que par un froid silence
Au silence éternel de la Divinité.

A qui se raccrocher, sinon comme Thomas, croire au-delà de nos doutes… ?

Non pas le doute OU la foi, mais le doute ET la foi.

Thomas croit… car il peut mettre ses mains dans les plaies de Jésus et seulement alors se prosterne-t-il devant Lui en disant : "Mon Seigneur et mon Dieu".

Comment passer du doute à la foi ? 



Ah ! Geste inouï de Thomas à portée symbolique universelle !



Car ce corps ressuscité où il enfonce les doigts, a gardé les plaies ouvertes de son humanité torturée par les hommes : Thomas n’aurait pas pu croire en lui s'il n’avait pas reconnu dans ce corps qu’il touche de ses mains, Celui qui a gardé les traces du crucifié : dans sa poitrine, dans ses mains et dans es pieds !
Dans l’homme Jésus, là, devant lui, Thomas confesse sa foi que c’est bien lui qu’il a connu sur la route, à table et sur la croix !

Son « Seigneur et son Dieu", c'est aussi Celui qui revient au milieu les hommes en détresse, détresses du corps ou du cœur !
Son « Seigneur et son Dieu", c'est Celui qui lui et nous certifie – par la Résurrection de Jésus – que la  souffrance et la mort n'auront pas le dernier mot, mais que, en définitive, c'est l'amour de Dieu pour l’Homme Jésus - son Fils, notre frère d’armes -, qui gagne…

Chaque progrès donne un nouvel espoir, suspendu à la solution d’une nouvelle difficulté.
Claude Levi-Strauss

L'amour conduit toujours à plus de vie : ça, ce ne sont pas des mots… Jésus en a fait l'expérience… Thomas en a fait l’expérience ! Chacun en a fait ou peut en faire l'expérience….

Oui, on peut croire en ce Dieu-là ! On peut croire en lui

« passionnément »

parce qu'Il porte irrémédiablement les plaies toujours « vives » de la souffrance humaine qui ne l'a pas épargné.



Voilà le Dieu auquel les chrétiens croient au-delà de leurs doutes : un Dieu crucifié et ressuscité.

mardi 5 avril 2011

*** AVERTISSEMENT : SEMAINE PASCALE : 17 - 24 avril 2011 ***

AVERTISSEMENT SEMAINE PASCALE

Mes amis,
du 8 au 28 avril, je serai à Shanghai (voir plus bas) .
Mais ne croyez pas que vous manquerez d’homélies,
Surtout pour la Semaine Sainte !



Chrétiens, prêtres, animateurs liturgiques
qui habituellement passez chez moi
-          comme on passe faire le plein à la station service ! -,
-          [600 fois par jour, et feuilletant plus de 14000 pages par semaine ! ]-
je ne vous laisserai pas mourir de faim ni de soif :
vous aurez vos provisions pour Pâques !

C’est pourquoi je vous livre en une seule fois 6 homélies pour ce temps de grâce (et même 2 pour le Vendredi Saint, au choix !)

NB : l’homélie du dimanche 10 avril, 5ème du Carême – je serai déjà à Shanghai – se trouve plus bas, sous le titre  : Cliquez dans le sommaire à droite de la page sur « Viens dehors ! »

A LA SUITE ET DANS L’ORDRE CHRONOLOGIQUE

Pour vous aider à retrouver l’homélie du jour de la Semaine Sainte,
cliquez dans le sommaire à droite de la page
sur la date & le titre correspondant

par exemple : 17 Avril Rameaux // Passion Triomphe, quel triomphe ?




17 Avril
Rameaux // Passion
Triomphe… Quel triomphe ?
21 Avril
Jeudi Saint
La Cène du Seigneur
Le service du tablier & de la bassine
22 Avril
Vendredi Saint
La Passion du Seigneur
Un putto des putti

Vendredi saint
Alternative
Mors et vita duello

23 Avril
Vigile Pascale
Christos Anesti ("Χριστός νέστη!" )
Alithos Anesti ("ληθς νέστη!)
24 Avril
PÂQUES
La Résurrection du Seigneur
Le signe de la tombe vide

 A SHANGHAI du 8 au 28 avril 2011

Vincent-Paul Toccoli chez DPark en Avril

"Vincent Paul Toccoli est un jeune homme de 69 ans à la vie singulière. Il est très difficile de le définir en quelques mots tant son parcours, ses connaissances et sa personnalité, en font une personnalité hors du commun.  Prête, écrivain, psychanalyste, consultant, expert en bouddhisme, coach, le rencontrer c’est forcément un moment « à part ».
A l’écoute, profondément humain, il sait guider, conseiller. Fin connaisseur de la Chine et de l’Asie où il a vécu et enseigné de nombreuses années, il a décidé de s’installer  pour trois semaines chez DPark en avril afin de proposer ses nombreux talents.
Ainsi pourra t’il parler d’un de ses derniers ouvrages « Shanghai 2020″ essai passionnant sur l’urbanisme ou bien rencontrer les entreprises européennes ayant besoin pour leurs expatriés de coaching.
En effet depuis 20 ans, Vincent Paul Toccoli a développé des outils performants destinés aux expatriés vivant en Asie et plus particulièrement en Chine afin de les conseiller  dans leur démarche d’expatriation, d’adaptation à la culture, mais aussi de retour au pays ou gestion de la réintégration.
Enfin charismatique et érudit, il se révèle être un formidable conférencier, plusieurs conférences  à Shanghai sont à l’étude.
Pour le contacter: info@a-nous-dieu-toccoli.com  &  vincentpaul@toccoli.org
Vincent Paul Toccoli a aussi un site internet dont la popularité ne se dément pas : http://www.a-nous-dieu-toccoli.com/ et un blog: http://godblogtoccoli.blogspot.com/

17 Avril Rameaux : Triomphe, quel triomphe ?

17 Avril Rameaux : Triomphe, quel triomphe ?


Textes
-          Mt 26,14-75.27,1-66    




 
Bethphagé, vers le mont des Oliviers, c’est là que vivaient Lazare, Marthe et Marie : c’est donc de là que Jésus dépêcha deux de ses disciples vers la pente qui descend à la ville sainte: « Allez au village d’en face, leur dit-il, vous trouverez à l’entrée une ânesse à l’attache avec son ânon ; détachez-les et amenez-les moi.  Si l’on vous dit quelque chose, répondez que le Seigneur en a besoin, mais qu’il les renverra sans retard.»"
C’est aujourd’hui que les chrétiens se souviennent de cette entrée triomphale de Jésus à Jérusalem ! « Triomphale » est un grand mot : c’est nous qui disons MAINTENANT que c’est « le Seigneur de l’Univers qui est accueilli par son Peuple, celui qu’il s’est choisi pour faire éclater sa gloire dans le monde entier ! » . L’évènement historique n’en est pas moins important dans sa signification, même si on n’en percevra le sens que plus tard ! Ces gens qui jettent leur manteau sur le sol et qui arrachent des branches d’olivier pour les secouer à son passage – ces gens sont DEJA à la fête, c’est Pessah qu’ils préparent. Tous les croyants du pays se sont mis en route de tous les coins du territoire pour rejoindre le Temple et y fêter Yahvé qui délivra leurs ancêtres de l’esclavage d’Egypte.

Et, sans cesse, chaque année, depuis près de vingt siècles, l’Eglise commémore cet accueil que le peuple réserva à Jésus en entendant qu’il est de la famille de David, Ben David, dont ils aimeraient bine qu’il les délivre de l’occupation romaine !
Alors comme c’est la fête, et que ce rabbin itinérant est de famille royale, on crie fort et on crée l’évènement : « Vive le Fils de David qui vient au nom de Dieu ! ». Jésus aurait eu des ambitions politiques, c’était le moment ou jamais ! On lui en voudra d’ailleurs de n’avoir pas sauté sur l’occasion, et jusque parmi ses bodygards, Jacques et  Jean les zélotes, le fils du tonnerre, ces partisans d’insurrection !
Oui, on pourra écrire plus tard
"Ainsi dans ces événements s’accomplissait l’oracle du prophète : "Dites à la fille de Sion : Voici que ton roi vient à toi, plein de douceur, monté sur une ânesse, sur un ânon, le petit de celle qui porte le joug." (Zach. 9, 9)"

Celle Alliance dans la vie, la mort et la, résurrection de Jésus ne supprime absolument pas l’Alliance que Dieu avait contractée avant lui avec le peuple juif : c’est plutôt une complétude, la dernière signature, la confirmation de ce que Dieu avait commencé d’une manière irrévocable en se révélant à Abraham, et par ses enfants et petits enfants, après Isaac et Jacob et ses 12 fils, jusqu’à Jésus. Historiquement !
Le point final de cette alliance est une tache de sang dans le ciel de Jérusalem.
Si les observances de l’ancienne loi prennent fin, elles aussi, c’est qu’une nouvelle économie se met en route, et elle aussi, dans l’ordre historique d’abord !
La divergence des routes que prennent Israël et le christianisme naissant au tournant du siècle impérial, font qu’inévitablement, une autre façon de croire prend naissance elle aussi !

Jérusalem reste Jérusalem, mais elle devient l’allégorie de la cité céleste, la Cité du Grand Roi, celle que Jean a vue, lorsqu’il dit dans le poème visionnaire de l’Apocalypse : "Je vis la Ville sainte, Jérusalem nouvelle, descendre du ciel d’auprès de Dieu, comme une fiancée parée pour son époux." (Ap. 21, 2)  Oui, Jérusalem devient l’image de l’Eglise qui quitte la synagogue, de ces hommes, et de ces femmes, de toutes ces âmes qui attendent le retour du Fils de Dieu !
*    *

*
Les disciples allèrent donc exécuter l’ordre de Jésus.  Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, les couvrirent de leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Et vous connaissez la merveilleuse scène…
Eh bien, de même que Jésus est venu à Jérusalem, de même il reviendra à la fin des temps pour entrer avec son Eglise dans la Jérusalem nouvelle ! 

L’histoire et la religion ! Le fait et la foi !
Savaient-ils exactement à quoi ils prenaient part – les apôtres compris ! -, les Juifs, contemporains de Jésus, en  manifestat leur enthousiasme festif et religieux, et en criant : "Hosanna au fils de David !"

Bien sûr que  l’amour demande que nous lui répondions par l’amour !  Mais cette réponse d’amour doit être sans cesse renouvelée par tous les actes de notre vie : toutes nos actions doivent être des actes d’amour de Dieu ; au moins, telle doit être notre intention. Elle est là, la seule loi : de l’une et de l’autre alliance, de l’un et l’autre chemin,  de la Synagogue ou comme de l’Eglise !

Après le dimanche des Rameaux d’olivier et l’entrée « triomphale » de Jésus à Jérusalem, commence la semaine la plus significative de la vie de Jésus. A celui que la populace avait ovationné, elle préférera un voleur et un bandit : "Barabbas !" (Jn. 18, 40).
Et c’était les mêmes, hier comme aujourd’hui et demain !




Où nous trouvons-nous dans cette foule anonyme et solitaire ?