lundi 23 avril 2012

Dernier modèle

Dernier modèle

4e Dimanche de Pâques – B
29 Avril


Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent

Le «berger qui conduit son troupeau» est un thème bien connu et présent dans tout l’ancien orient, pour désigner les rois et les chefs de clans. Dans la Bible, cette image s’applique à Dieu, le pasteur de son peuple: «Voici votre Dieu qui vient: comme un berger, il fait paître son troupeau; il rassemble les brebis égarées, il porte les agnelets, il procure de la fraîcheur aux brebis qui le suivent» (Isaïe). «Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien» (Psaume 22).


La comparaison était claire facile pour un peuple de bergers nomades en marche vers la Terre Promise. Qu’étaient ses plus grands chefs sinon des bergers chefs : en tête Abraham, le patriarche nomade, en passant par Moïse et la révélation du buisson ardent, jusqu’à David qui garde les moutons de son père, à Bethléem.

Rien à voir avec le romantisme des bergeries de Marie Antoinette à Versailles ! Dans l’Orient ancien, le berger était un homme fort, courageux, qui savait défendre son troupeau des animaux sauvages et des voleurs. Dans 1 Samuel 17, 34-36, David dit au roi Saül qui voulait l’empêcher de combattre le géant Goliath : «Quand je faisais paître les brebis de mon père et que venait un lion ou un ours qui enlevait une brebis du troupeau, je le poursuivais, je le frappais et j’arrachais celle-ci de sa gueule. Et s’il se dressait contre moi, je le saisissais et je le frappais à mort.»

Le christianisme primitif a hérité de cette représentation : le « Christ comme Bon Pasteur » se retrouve partout : dans les catacombes, les maisons des chrétiens, leurs salles de réunions. C’est même l’une des premières « images » de Jésus ressuscité : c’est pourquoi nous parlons de «pratique pastorale», d’après conception de Jésus comme « pasteur » de son peuple, venu pour que ceux et celles qui lui sont confiés aient « la vie, et qu’ils l’aient en abondance». (Jean 10, 10)

Jean insiste même sur l’importance de l’individualité de chacun pour Dieu. « Je suis le bon pasteur. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Ici, pas d’étiquette ni d’abstraction ! Appeler par le nom est une marque de familiarité, et plus loin, de respect et d’amour. Ce que se garde bien de faire la règle générale de la politique des préjugés et de la haine qui ne connaît plus le nom de personne, qui « efface » le visage, qui nie l’identité.
Un numéro tatoué sur le bras des prisonniers des KZ (des Konzentrationslager, des Camps de concentration. Mais aussi à Guantanamo, à Abugraïd) : les numéros et les catégories rendent la haine, la torture et le meurtre plus faciles. Toute catégorisation est dangereuse.


Le chrétien avec son « pasteur » refuse cette négation de la personne.
-          « CE pasteur-là » connaît ses brebis et il les appelle par leur nom. Chacun est unique pour lui. Un type de chef qui peut devenir alors un modèle pour ses jeunes disciples (moins de 25 ans, sauf Pierre : Jésus n’a pas 30 ans !) qui veulent apprendre, à ses côtés, à éviter les préjugés, le racisme et les injustices de toutes sortes.
-          Oui, « CE pasteur-là » est le seul Dieu des Juifs, des Samaritains, des Musulmans, des Hindous, des Chrétiens… puisqu’il est le Dieu qui nous connaît par notre nom, qui se préoccupe, qui prend le temps de connaître, qui répond aux besoins d’une personne à la fois : Marie Madeleine, Zachée, la cananéenne, le bon larron, le paralytique, la samaritaine, le lépreux, Nicodème, l’aveugle de Jéricho, etc.… C’est quelqu’un qui veut que nous ayons la vie en abondance.

Si chaque femme et chaque homme se mettaient à marcher sur ces/ses traces sans a priori idéologique, et devenaient de bons pasteurs pour les gens autour de nous, nous en aurions fini avec les crispations identitaires, communautaristes et fanatiques… Et on pourra dire de nous ce qu’on a dit du Christ :

«Il a passé sa vie à faire du bien et a aidé les autres à avoir la vie en abondance».



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